Un mari, sa femme et sa maîtresse. Un vaudeville sans portes et placards mais avec jarres géantes où les corps se planquent et se cachent, ne laissant que la tête pour tout dire. Tous les mots mille fois entendus, tous les clichés des affaires de cœur s’immiscent dans leurs étranges soliloques croisés. Mais manipulés et revus par Beckett, ces mots s’emballent et laissent percevoir dans des clairs-obscurs orchestrés, la solitude des êtres à travers les choses risibles de la vie et de l’amour.
Comédie de Samuel Beckett est publié aux Éditions de Minuit.
Texte de Samuel Beckett _
Conception et réalisation de Denis Marleau
Avec Céline Bonnier, Ginette Morin et Paul Savoie
Collaboration artistique : Stéphanie Jasmin _
Réalisation vidéo : Pierre Laniel _
Design sonore : Nancy Tobin _
Montage vidéo : Yves Labelle _
Réalisation des bustes et objets scéniques : Claude Rodrigue _
Maquillage : Angelo Barsetti _
Direction technique : Martin Émond
Coproduction : UBU ; Théâtre français du Centre national des Arts, Ottawa ; Manège, scène nationale de Maubeuge ; Festival Bordeline (Lille 2004 Capitale européenne de la Culture)
Photo(s) : Maryse Boulanger
(…) Chacune interroge la mécanique de l’acteur autant que la place du spectateur, l’incertitude profonde de la présence / absence à l’autre. En trois textes qui traversent un siècle, visitant le troisième âge bien avant le premier, Marleau met en boîte le théâtre tout en lui rendant la monnaie de ses pièces, via le mur blanc d’une galerie d’art ou d’une chambre obscure réinventée. Oeuvres au sens plein, à l’opposé de tant de captations hâtivement cousues en films, les Fantasmagories offrent une nouvelle représentation de ce que pourrait être un authentique répertoire.
— MOUVEMENT, Jean-Louis Perrier, Paris, 13 juin 2007
... Marleau, une fois Les Aveugles créés, a été sensible à un réseau de correspondances littéraires entre Maeterlinck, Beckett et Jon Fosse (...). Et l’ensemble fonctionne admirablement, proposant de multiples résonances et nous offrant une expérience rare.
— Cahiers de théâtre JEU, Ludovic Fouquet, juin 2004
... En jouant sur les perceptions des spectateurs, en troublant les sens, Marleau offre une écoute singulière des paroles, un regard aigu sur les comédiens absents qui, pourtant, rayonnent d’une présence extrême.
— LE MONDE, Paris, Catherine Bédarida, 17 mars 2004