texte de Pablo Picasso
montages des textes et mise en scène de Denis Marleau

Le désir attrapé par la queue (1941) est une œuvre sans queue ni tête, issue de l’écriture automatique. À première vue, Picasso s’est amusé à inventer, à la suite des dadaïstes, un théâtre du n’importe quoi. Et ce théâtre injouable, nous devons tenter de le lire et de l’interpréter.

Dix personnages, qui n’ont rien à se dire, se parlent... le Gros pied, la Tarte, la Cousine, l’Oignon, les Angoisses, les Rideaux, le Silence et le Bout Rond incarnent les personnages de cette pièce à la fois baroque et surréaliste. Ils nous font partager leurs préoccupations et leurs plaisirs de la table et du lit dans une période où privations et ennuis de chauffage coexistent inévitablement.


Crédits

Textes de Picasso, Max Jacob, Jacques Prévert, Pablo Picasso, André Breton, Gertrude Stein, Pierre-Albert Birot, Guillaume Apollinaire, Rafaël Alberti, Raymond Queneau, Paul Eluard _ Montage des textes et mise en scène de Denis Marleau

Avec Carl Béchard, Pierre Chagnon, Larry-Michel Demers, Bernard Meney, Danièle Panneton, Anne-Marie Rocher, Patricia Tulasne et Yves Soutière

Décor : Claude Goyette _ Costumes : Mérédith Caron _ Éclairages : Dominique Gagnon _ Bande sonore : Denis Marleau _ Chorégraphie : Ginette Laurin

Création du Théâtre UBU en collaboration avec le Musée des Beaux-Arts de Montréal ; Musée des Beaux-Arts dans le cadre de l’exposition Picasso, septembre-novembre 1985

Photo(s) : Richard-Max Tremblay


Presse

Celui-ci est une sorte de vaudeville de haut niveau et la mise en scène de Denis Marleau établit un juste équilibre entre les gags et les commentaires savants. En outre le piquant de chaque personnage, qu’il soit fictif ou réel, ressort bien, tels Max Jacob, André Breton, Salvador Dali, Jacques Prévert. Il s’agit d’un spectacle–montage ponctué de bons numéros individuels et d’heureuses trouvailles scéniques organisées autour de la gestation du désir, et de l’activité artistique de Picasso. La compagnie soulève bien la charge historique qui pèse sur chaque personnage. Je dirai que ce qui m’a le plus séduit dans ce spectacle c’est sa verve ludique et le plaisir d’incarnation qui était évident dans le cas de chaque comédien.
— VICE-VERSA (Montréal), Wladimir Krysinski

A first-rate director, Denis Marleau, has accomplished the ultimate in a zany production : Le désir… seems to burst out all over the theatre ; individual performances are great. A sense of absurdity is cleanly communicated, though the play makes little effort to transmit the flavor of the times over decades.
— THE GAZETTE (Montréal), Marianne Ackerman

Picasso Theatre is an intense, involving evening of theatre — a plot less immersion into the temper of the times, by way of a production in which superb acting, evocative costumes and lighting all work wonderfully together.
— THE MONTREAL MIRROR, Susan Keys

L’unique pièce de Pablo Picasso […] est injouable. […] En appelant notamment Breton et Prévert à la rescousse, en intercalant leurs réflexions personnelles dans la trame du Désir attrapé par la queue, le metteur en scène est parvenu à donner beaucoup de mouvement à cette production tout en nous fournissant des éléments capitaux sur la « méthode », le génie propre de Picasso.
— LA PRESSE (Montréal), Raymond Bernatchez