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textes de Raymond Queneau, Italo Calvino, Georges Perec, Harry Mathews, Jean Lescure, François Le Lionnais, Michel Tremblay
version scénique et montage de textes de Denis Marleau
L’Ouvroir de Littérature Potentielle vit le jour sous l’impulsion de François Le Lionnais et Raymond Queneau. Un Raymond Queneau qui avait, en 1943, déjà commencé ses Exercices de style, sorte de prototype du travail oulipien.
Depuis 1960, en effet, des écrivains réunis sous l’appellation de l’Oulipo (Noël Arnaud, Marcel Bénabou, Jacques Roubaud, Georges Pérec, Italo Calvino, Harry Mathews, Paul Braffort, François Caradec, André Blavier, Luc Étienne, Paul Fournel, Jean Lescure, etc.) cherchent systématiquement, trouvent et appliquent joyeusement des contraintes littéraires. Alliant la structure à l’inspiration, ils ont porté l’écriture à sa plus haute expression : la potentialité. Et qui dit potentialité, dit virtuosité, jeu, folie du verbe mais folie contrôlée.
Or, qu’en est-il d’un spectacle tel que celui produit par le Théâtre UBU si ce n’est qu’il met en espace le langage. Qu’il lui concède l’espace scénique, qu’il se déroule dans le dénouement le plus total afin que le verbe et la contrainte puisse prendre leur envolée. Une envolée tantôt humoristique, tantôt pathétique, tantôt dérisoire mais qui compose nécessairement une chorégraphie de tous les possibles du langage.
Crédits
Textes de Raymond Queneau, Italo Calvino, Georges Perec, Harry Mathews, Jean Lescure, François Le Lionnais, Michel Tremblay _ Version scénique et montage de textes, Denis Marleau
Avec Carl Béchard, Pierre Chagnon, Bernard Meney ou Pierre Lebeau, et Danièle Panneton
Dispositif scénique : Claude Goyette _ Costumes : Suzanne Harel _ Éclairages : Dominique Gagnon _ Bande sonore : Gaétan Leboeuf _ Conseillère littéraire : Line Mc Murray
Création du Théâtre UBU ; salle Fred-Barry, NCT, avril 1988
Photo(s) : Josée Lambert
Diffusion
Cégep Maisonneuve, septembre 1988 ; Festival de théâtre des Amériques, mai 1989 ; Centre national des arts, Ottawa, septembre 1989 ; l’Élysée, octobre 1989 ; l’Implanthéâtre, Québec, novembre 1989 ;
En tournée France-Suisse, novembre-décembre 1989 : Centre Georges Pompidou, Paris ; Théâtre Municipal, Neuchâtel ; Théâtre Municipal, Bienne ; Théâtre Municipal, Yverdon ; Théâtre Municipal, Sion ; Théâtre Municipal, Genève-Onex ; l’Octogone, Théâtre de Pully ; CAC, Mulhouse ; Théâtre Municipal, Brétigny-sur-Orge ; l’Hexagone, Meylan ;
L’Élysée, janvier-février 1990 ; Maisons de la Culture de Montréal, mars-avril 1990 ;
VIII Festival international de théâtre de Grenade, Espagne, mai 1990.
En tournée France-Suisse, janvier-février 1991 : CAC, Mâcon ; Théâtre de la Renaissance, Oullins-Lyon ; Théâtre du Vieux Givors ; Château Rouge, Annemasse ; Théâtre Jean Vilar, Bourgoin ; La Coupole, Combs-la-Ville ; Centre culturel, Briançon ; Théâtre Municipal, Épinal ; Théâtre Municipal, Raon-l’étape ; Espace Planoise, Besançon ; CAC, Chartres ; Centre culturel, Cavaillon ; Centre culturel Marcel Pagnol, Fos-sur-Mer ; Théâtre Municipal, Aix-en-Provence ; Espace André Malraux, Chambéry ; ADAC, Albertville ; CAC, Annecy ; ATP, Vauvert ; Théâtre Municipal, Privas ; La Chartreuse, Villeneuve-lès-Avignon ; ATP, Poitiers ; CAC, Le Creusot ; Théâtre Crochetan, Monthey ;
En tournée au Québec, février - mars, 1991 : Centre culturel, Chicoutimi ; Centre culturel, Sherbrooke ; Cégep Montmorency, Laval ;
En tournée en Belgique, octobre 1991 : Théâtre Municipal, La Louvière ; Rencontres internationales du théâtre contemporain, Liège ; Salle municipale, Braine-le-Comte ; Centre culturel Marius Staquet, Mouscron ; Maison de la culture, Tournai.
Presse
Le jeu farci de compositions des quatre acteurs d’Ubu font de ce morceau, tranché, haché, repris, défait, refait, renversé, un festival qui n’a de cesse que le spectacle achève dans la folie la plus pure. Acrobatie verbale, virtuosité linguistique, souffle prodigieux, ces comédiens-là offrent avec cette matière un pur objet théâtral qu’on ne pourrait comparer à rien d’autre. […] On voudrait sortir tous ses adjectifs (j’en ai déjà beaucoup mis) pour une telle réussite, pour une telle construction parfaite. Il ressort, en y pensant bien, un drôle d’effet paradoxal qui place cet Oulipo Show directement dans le courant post-moderniste. En effet, le groupe de Denis Marleau, qui fait dans l’avant-garde avec un tel spectacle, se réfugie pourtant dans le passé, dans les textes parisiens de Queneau, pour pouvoir foncer plus loin en avant. Chapeau !
Disons enfin que ce quatuor évolue dans le dépouillement scénique le plus complet, habillé de défroques grises ordinaires et de lunettes noires, et que le tout a les beautés contradictoires de la rigueur et de la folie. Un spectacle qui est un chef d’œuvre.
— LE DEVOIR (Montréal), Robert Lévesque
Tout l’art de Denis Marleau consiste à transposer théâtralement ces exercices écrits, de parvenir à rendre la cadence de ces tableaux qui se succèdent à la chaîne dans un rythme effréné et de montrer, à travers la réitération, le pouvoir de la langue.
— SPIRALE (Montréal), Catherine Mavrikakis
Un délire qu’il faut donc renoncer à rapporter mais qui, dans une technique et dans une atmosphère qui tiennent du merveilleux, est le résultat du travail et de l’art proprement fabuleux des animateurs du Théâtre Ubu. De l’insolite et du désopilant. De la farce et de la dentelle. De la poésie, non gratuite mais ludique, composée de rigueur et de folie : cet Oulipo Show est une éblouissante réussite.
— LE DEVOIR (Montréal), Alain Pontaut
De Coeur à gaz à l’Oulipo Show en passant par Merz Opéra, ils parviennent avec une rare habileté et en parfaite symbiose, grâce aussi à des mises en scène fort efficaces, à exprimer l’inexprimable, le fragmentaire, l’insensé, la répétition.
— CAHIER DE THÉÂTRE JEU (Montréal), Jean-François Chassay
Servi par de prodigieux acteurs et des éclairages nets, empruntant à la bande dessinée, au cinéma, à l’opéra et à que sais-je encore, le metteur en scène Denis Marleau a réalisé un spectacle-collage du plus bel et durable effet. Pas le moindre faux pas dans ce théâtre ahurissant enlevé sur les chapeaux de roues ; on n’ose imaginer le travail que dissimule cet accomplissement. Par sa présente au Québec, l’Ubu nous ouvre une fenêtre tout à fait engageante sur quelques credos artistiques alternatifs de ce siècle. Notre théâtre, de fait, toute notre culture lui est redevable de sa vigoureuse et lumineuse action.
— LE SOLEIL (Québec), Jean St-Hilaire
Une précision d’automate et une forme de jubilation : le spectacle mis en scène par Denis Marteau réalise au plus près le vœu des instigateurs de l’Oulipo : renouer « l’antique alliance entre poètes et logiciels »...
— JOURNAL DE GENÈVE (Genève), Stéphane Bonvia
Rien ne résiste et les derniers sceptiques sont de la fête, au premier rang, vaincus par tant d’acrobaties verbales, virtuosité scénique, sauts périlleux de la langue française qui sort comme rajeunie, étincelante, bruissante et roulante, fraîche et claire, de ce spectacle. Un vrai bain de jouvence linguistique.
— JOURNAL DE MEYLAN (Rhône-Alpes), C. M.
The triumph of Oulipo Show with stamping, whistling, cheering audience was in large part due to the virtuosity of larynx, tongue and lip of the four deft comédiens performing it : bloodhound-faced Carl Béchard, sleek Pierre Chagnon, fussy bernard Meney and the ever-astonished but game Danièle Panneton. Oulipo Show demonstrates that in the century of the image, the word is as able as ever to seduce and intoxicate when it’s manipulated by masters.
— AMERICAN THEATRE (New York), Roger Downey
Impressive performances accentuate the plasticity of the body and voice, used here as principal scenic materials. […] These actors have mastered the art of the gesture to a degree I have rarely seen. Ebullient and unforgettable !
— THEATRUM (Toronto), Patricia Lamontagne
On reste pantois et bouche bée devant une telle perfection, réglée comme un numéro de trapèze volant, au millimètre près.
— LA RÉPUBLIQUE DU CENTRE (Chartres, France), G. L.
Une logorrhée incompréhensible, comme venue d’un tourne-disque qui aurait bu un coup de trop, et de fait, le débit soûle, étourdit, puis subjugue et laisse pantois d’admiration.
— DAUPHINE LIBÉRÉ (Annemasse, Rhône-Alpes), P. Weissbrodt
Une superbe de virtuosité dans l’art de changer de peau. […] Voix, geste, occupation de l’espace, tout est finement réglé et défile à fond de train. Travail d’horloger sur une pendule en délire qui découpe les heures en quartiers de lune.
— JOURNAL DU HAUT-LAC (Monthey, Suisse), P. Weissbrodt
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