textes d’Alfred Jarry
montage et mise en scène de Denis Marleau

Le père Ubu parle souvent de trois choses, toujours parallèles dans son esprit : la Physique, qui est la nature comparée à l’art..., la Phynance ; les honneurs face à la satisfaction de soi pour soi seul... et la Merdre. Et si le Père Ubu parlait de lui-même, de ses états d’âme ? S’il effectuait un retour aux sources ? Et si, pour une fois, se retrouvant seul, ne savait plus prononcer le divin Verbe Merdre ? S’il arrivait à la fin d’un cycle, ne sachant plus où, comment, dans quoi se recycler ? Sans trône, sans prison, pour régner. Sans mère Ubu pour l’entraîner et le suivre ? Mais est-ce même possible, mené qu’il est par la puissance de ses appétits inférieurs ? À moins qu’il en vienne à douter de lui-même, de sa propre existence ? Qu’il ne trépasse ? S’incarne en mythe et se multiplie ? Ou encore retourne d’où il vient ? À moins que... Ubu Cycle fait ressortir le côté pathétique du Père Ubu sous le couvert du grotesque, évidemment. Pataphysique oblige !

Crédits

Textes d’Alfred Jarry _ Montage et mise en scène de Denis Marleau

Avec Carl Béchard, Pierre Chagnon et Danièle Panneton

Décor : Claude Goyette
Costumes : Lyse Bédard
Éclairages : Dominique Gagnon
Bande sonore : Denis Marleau
Conseillère littéraire : Line Mc Murray
Maquillages : Angelo Barsetti

Création du Théâtre UBU dans le cadre d’Alfred Jarry au Collège de Pataphysique ; Salle Fred-Barry, NCT, avril-mai 1989

Photo(s) : Josée Lambert


Presse

Un rare spectacle d’une exceptionnelle qualité, d’une rigueur et d’une incontestable beauté […] la mise en scène de Marleau me semble incontestablement originale. Tout est réglé au quart de poil, chacun des comédiens se livrant à des interprétations à vous couper le souffle.
— LA PRESSE (Montréal), Jean Beaunoyer

[…] Ubu cycle offre un travail d’acteurs incomparable, une scénographie (inspirée des oeuvres de Christian Boltanski et de Sigmar Polke), un travail aux costumes et aux maquillages superbes, qui permet d’imaginer le cercle théâtral englobant Beckett, Jarry et Ionesco.
On ne dira jamais assez comment les comédiens Danièle Panneton, Pierre Chagnon et Carl Béchard sont arrivés à faire corps merveilleusement avec le style Ubu. On retrouve chez eux l’ardeur d’une troupe, d’une véritable, compagnie. Ces jours prochains, vous les verrez jouer (au Festival des Amériques)
Merz-Opéra et L’Oulipo Show. Tout juste après Ubu cycle. Mises ensemble, ces performances font d’eux des champions de la scène à Montréal.
— LE DEVOIR (Montréal), Robert Lévesque

Denis Marleau a une ouïe absolue du théâtral inscrit dans le texte, du théâtral signifié par la voix, la grimace, la mimique, par le corps enfin qui fait un avec la substance verbale.
— VICE-VERSA (Montréal), Wladimir Krysinski

Profondément, ingénieux... Carl Béchard, Pierre Chagnon, Danielle Panneton nous plongent dans l’univers absurde et grotesque de Jarry avec une maîtrise du verbe, un sens inné du rythme et une efficacité à couper le souffle. Voilà une petite merveille qui fait sourire longtemps après.
— VOIR (Montréal), Anne-Marie Lecomte

Véritable ascèse, comme dans les précédents spectacles du Théâtre Ubu, le travail des comédiens est remarquable, ceux-ci faisant preuve d’une virtuosité qui mérite d’être soulignée. Habillé sobrement, c’est par ses éructations que Père Ubu, joué par Pierre Chagnon, provoque la démesure. Dans le rôle, plus flamboyant dans cette représentation, de Mère Ubu, Carl Béchard s’impose de façon spectaculaire. Quant à Danièle Panneton, elle relève de manière fort adéquate le défi d’un rôle polyvalent. La rigueur du jeu n’a d’égale que celle de la mise en scène, et il faut encore une fois mentionner la qualité du travail de Denis Marleau.
— CAHIER DE THÉÂTRE JEU (Montréal), Jean-François Chassay