texte de Mauricio Kagel
mise en scène de Denis Marleau

Mauricio Kagel, me semble-t-il, est resté en bon terme avec le Temps. À l’instar du chapelier des aventures d’Alice au pays des merveilles, le compositeur de La Trahison orale nous entraîne dans de doubles et vertigineuses sensations. Il nous raconte des histoires d’un Temps sans âge, où les mots et les sons retentissaient comme dans une opération magique destinée à transformer la réalité. Je veux dire par là que Kagel renoue, non sans fantaisie, avec cette conception de l’art comme magie, de l’esthétique comme analogie. En quelque sorte, il nous invite avec La Trahison orale à prêter oreille à cette autre langue divine qu’est la langue diabolique, à un théâtre ouvert aux Sciences du Diable. À cette science kagélienne, celle qui sait créer une œuvre dans la trahison de la tradition, celle qui, finalement, peut faire dire aux pendules tout ce qu’on veut, ou presque. (D. M.)

Crédits

Théâtre musical de Mauricio Kagel _ Mise en scène de Denis Marleau

Avec Markita Boies, Carl Béchard ou Alain Fournier, et Gabriel Gascon

Direction musicale : Lorraine Vaillancourt _ Scénographie et costumes : Zaven Paré _ Éclairages : Guy Simard _ Assistance à la mise en scène : Michèle Normandin

Création du Théâtre UBU en coproduction avec le Nouvel Ensemble Moderne (NEM) et La Tarrasque dans le cadre de l’événement Kagel 1992 ; Musée d’art contemporain de Montréal, novembre 1992

Photo(s) : Josée Lambert