texte de Georg Büchner
mise en scène, adaptation et texte français de Denis Marleau
Mettre en scène Woyzeck c’est ausculter le pauvre cœur des hommes par les canaux les plus internes du cœur… c’est exhiber des silences… c’est rendre le temps sonore… c’est éviter d’en faire trop… mettre en scène Woyzeck, c’est écouter des ritournelles, la ritournelle berceuse, la ritournelle militaire, la ritournelle à boire, la ritournelle de chasse, la ritournelle du travail, la ritournelle enfantine, puisque le Cosmos est lui-même une ritournelle… mettre en scène Woyzeck, c’est entrer dans une folle danse de ralentis variables, sans idéal de style, dans l’étrangeté absolue de cette respiration de Büchner si prématurément interrompue, mais qui continue de parler… (D.M.)
Crédits
Texte de Georg Büchner _ Mise en scène, adaptation et texte français de Denis Marleau
Avec Pierre Lebeau, Mireille Bailly, Carl Béchard, Valentin Traversi, Jean-Pierre Baudson, Philippe Crubezy, Florence Crick, Frédéric Herion, Patrick Donnay, Stéphane Ledune, Renaldo Deman, Susy Falk, François Bartels, Stéphane Fauville.
Scénographie : Zaven Paré _ Musique : Denys Bouliane _ Lumières : Guy Simard _ Costumes : Colette Huchard _ Maquillage : Suzanne Pisteur _ Assistance à la mise en scène : Michèle Normandin
Une création d’UBU en coproduction avec le Centre Dramatique Hainuyer, Théâtre National de la Communauté Française de Belgique, Carrefour International de théâtre de Québec, l’Hexagone de Meylan, Bel Image de Valence, Château Rouge d’Annemasse.
Photo(s) : Danièle Pierre
Diffusion
Créé au Théâtre National de la Communauté française de Belgique, Bruxelles, février 1994.
En tournée en Belgique, en France, mars-avril 1994 :
Hall des Expositions, Mons ; Palais des Beaux-Arts, Charleroi ; Maison de la Culture, Arlon ; Théâtre de la Place, Liège ; Salle Marius Staguet, Mouscron ; Théâtre Communal, La Louvière ; Maison de la Culture, Tournai ; l’Hexagone, Meylan ; Relais Culturel, Annemasse ; CRAC, Valence ; Maison de la Culture, Bourges.
Carrefour International de théâtre de Québec, mai 1994 ; Monument-National, salle Ludger-Duvernay, juin 1994.
Presse
On a rarement vu un Woyzeck aussi tranchant, aussi déchiré que celui de Denis Marleau, metteur en scène québécois, qui manifestement connaît les ambiguïtés de la morale américaine, les équivoques du puritanisme. […] Les deux spectacles (Roberto Zucco et Woyzeck) n’ont pas seulement en commun la pure beauté des images, une stylisation en forme de tragédie grecque regroupant un chœur d’où se détachent les protagonistes. Zucco et Woyzeck sont frères. Ils vont leur chemin singulier, tuent ce qu’ils aiment, meurent aspirés par une éblouissante lumière.
— LE MONDE (Paris), Colette Godard
Spectacle étrange et fabuleux où, dans une grande froideur crépusculaire, on réussit à aller au cœur de l’humanité même de ces fragments de pièce que laissa le jeune Büchner à sa mort à 23 ans en 1837. Marleau donne à ces éléments d’une pièce inachevée une enveloppe toute nouvelle, bien à lui, une force aussi qui impressionne et m’apparaît assez magistrale pour que l’on parle de son Woyzeck bien à lui, et qu’il devienne une référence pour les années à venir.
— LE DEVOIR (Montréal), Robert Lévesque
Spectacle total, réussi, complet dont il n’y a rien à redire tant il est finement fignolé, parfaitement ajusté et magistralement rendu.
— LA PRESSE (Montréal), Jean Beaunoyer
Ce fort spectacle à l’expression pénétrée a tout pour ravir le spectateur qui exige subtilité et originalité de l’art théâtral. Le Woyzeck de Marleau est d’une vibrante humanité.
— LE SOLEIL (Québec), Jean St-Hilaire
Le Woyzeck de Denis Marleau est limpide et puissant, avec des lignes d’une grande beauté hivernale, doté d’une austérité intrinsèque à cette œuvre dépouillée qui va à l’essentiel.
— VOIR (Montréal), Marie Labrecque
Denis Marleau a signé une mise en scène du Woyzeck de Büchner qui restera, pour moi, l’exemple d’un travail fort, d’une grande intelligence, une mise en scène où l‘on sent bien qu’elle est le résultat d’une lecture personnelle transcrite parfaitement dans chacun des aspects du spectacle. Rarement a-t-on l’occasion de voir œuvre aussi cohérente.
— CAHIERS DE THÉÂTRE JEU Montréal)
Marleau‘s talent is to give each character a style of movement whether graceful, whether staccato, that expresses his or her essence
— THE GLOBE AND MAIL (Toronto), Ray Conlogue