[…] Dans ces textes disjonctés, parsemés d’explosions de silence, il m’apparaît plutôt qu’il n’y a aucun message à livrer et encore moins une quelconque souffrance métaphysique à faire entendre. Ce qui fait la rareté de ce théâtre, c’est que l’instant de la parole est tout ce qui compte. Une parole obsédée par le monologue et qui entre dans un corps à corps de voix intarissable. Tout murmure résonne dans l’espace. Tout se vit aussi au ras des pâquerettes, car on glisse quelquefois sur une peau de banane. (D.M.).
Textes de Samuel Beckett _ Mise en scène de Denis Marleau
Avec Gabriel Gascon et Danièle Panneton
Scénographie : Claude Goyette _ Musique : Robert Normandeau _ Lumières : Guy Simard _ Costumes : François St-Aubin _ Dramaturgie : Martine Julien _ Assistance à la mise en scène : Michèle Normandin
Création d’UBU en coproduction avec le Théâtre de Quat’Sous.
Théâtre de Quat’Sous, octobre-novembre 1994.
Denis Marleau et Gascon, avec le scénographe Claude Goyette et le musicien Robert Normandeau, signent un spectacle parfait et d’une force énorme, dans la rigueur et le respect d’un texte et d’un auteur à nul autre pareil. Ils donnent à Beckett le grand service qu’il mérite. Cette Dernière bande est parmi les spectacles beckettiens inoubliables que j’ai pu voir, comme ceux d’Alan Schneider à New York ou David Warrilow à Paris.
— LE DEVOIR (Montréal), Robert Lévesque
La « musicalité », ce passage du texte à la mise en scène que craignait tant l’auteur d’En Attendant Godot, est parfaitement réussi. La quête du langage de Beckett épouse la recherche formelle de Marleau, comme deux explorateurs réunis sur le navire de la création. […] l’heure merveilleuse que nous fait vivre La Dernière Bande demeure le plus beau moment de la rentrée théâtrale.
— VOIR (Montréal), Luc Boulanger
Le Krapp de Beckett/Gascon : un raté magnifique, émouvant, incandescent d’une épouvantable lucidité.
— SPIRALE (Montréal), Pierre L’Hérault
But that was before Théâtre Ubu’s Denis Marleau and veteran actor got old of it. They’re a Beckett dream team.
— THE GAZETTE (Montréal), Pat Donnelly