d’après le récit d’Antonio Tabucchi
adaptation, mise en scène et conception vidéo de Denis Marleau

En atelier, toute l’équipe a eu le sentiment d’investir un véritable lieu du rêve, au milieu de poupées et marionnettes, projecteurs d’images et de mots, postiches et perruques, une panoplie d’objets enfantins utilisés pour la confection de ce théâtre de fantômes. Pour rendre compte des identités multiples de l’insomniaque poète portugais et de leurs glissements nocturnes, je me suis pour ainsi dire inspiré du nô japonais. Mais, en imaginant un masque de lumière, un masque qui serait porté par Pessoa ou ses doubles et dont la source lumineuse resterait mystérieuse grâce à une utilisation assez particulière de la vidéo. Sans vouloir entrer dans le détail de cette technique qui se veut discrète, je crois que nous sommes parvenus à obtenir un effet de poésie plutôt saisissant, et ce, malgré les contraintes qu’un tel support implique. (D. M.)

Crédits

D’après le récit d’Antonio Tabucchi _ Adaptation, mise en scène et conception vidéo de Denis Marleau

Avec Daniel Parent, Paul Savoie et Daphné Thompson

Décor et costumes : Zaven Paré _ Musique : John Rea _ Éclairage : Guy Simard _ Réalisation vidéo : Robert Thuot _ Conseiller littéraire : Stéphane Lépine

Création d’UBU en coproduction avec le Théâtre national Dijon Bourgogne, la Fondation Calouste Gulbenkian (Lisbonne), le Festival de théâtre des Amériques et le Théâtre de la Ville (Paris) ; au Parvis St-Jean, Dijon

Photo(s) : Richard-Max Tremblay, Josée Lambert


Diffusion
Festival de Théâtre des Amériques, mai 1997 ; Berliner Festwochen (Berlin), septembre 1997 ; Festival ACARTE (Lisbonne), octobre 1997 ; Festival Roma Europa (Rome), octobre 1997 ; Théâtre de la Ville (Paris), décembre 1997 ; Théâtre du Point du Jour (Lyon), janvier 1998 ; Théâtre d’Aujourd’hui, février 1998 ; Centre national des Arts, Ottawa, novembre 1998.

Presse

Cloué au lit, l’écrivain Fernando Pessoa reçoit la visite de ses fameux hétéronymes, tous interprétés par un extraordinaire Paul Savoie. [...] Bien que caractérisée par une fidélité absolue au texte de Tabucchi, la mise en scène témoigne d’une indubitable originalité quant aux choix de l’espace scénique et des référents culturels. Utilisant une technologie vidéo qui permet de donner forme aux images des multiples incarnations de Pessoa, Denis Marleau atteint un effet dramatique assez puissant, qui se manifeste dans une élégance extrême et une originale simplicité. Il est important de parler de la scénographie de Zaven Paré. Son travail fait pratiquement transparaître le mystère, la magie et le délire.
— L’UMANITÀ (Rome) C. Felice

Une trouvaille scénique aussi captivante que discrète – ces projections – qui résout remarquablement la rencontre d’un soi-même avec l’autre soi-même, mais qui exige une absolue rigueur dans les mouvements des acteurs.
— LIBERAZ’IONE (Rome), M. Surianello

Les éléments mis en scène par Marleau créent une cérémonie secrète et solennelle qui touche au surréel et à l’humour noir. […] L’économie du geste et de l’élocution, la lenteur du mouvement, les regards fixes, tout contribue à créer un climat fantastique tellement réussi [...]
— PUBLICO (Lisbonne), M. joao Gomez

C’est une mise en scène qui laisse passer, Marleau s’effaçant lui-même consciencieusement pour ne pas perdre une phrase et même, ici et là, le sens de l’humour [...] Une impressionnante création de Paul Savoie. [...] La présence d’UBU dans les Rencontres ACARTE est un bel hommage à Pessoa et un privilège pour le spectateur.
— DIARIO DE NOTICIAS (Lisbonne) J. Mendes

Tel un magicien transformant un matériel de base donné, Marleau donne vie à une heure des fantômes étrange et troublante. [...] Une des réussites remarquables de Marleau réside dans le choix qu’il a fait de faire tenir tous les rôles (ceux des visiteurs et celui du visité) par deux comédiens seulement.
— THEATER HEUTE (Berlin), D. Hammerstein

Un ravissement de soixante-dix minutes, dans cet espace paisible, favorable à la concentration, un lieu inusité où se rencontrent les expériences humaines de tous genres.
— TAGESSPIEGEl (Berlin), C. Funke

[…] technologie dont la présence est insoupçonnable et qui pourtant détermine le jeu des trois interprètes. C’est extraordinaire.
— FRANCE INTER (Paris), j.M. Stricker