Une mère doit obéir à son fils qui lui demande de le manger après qu’il se soit pendu. C’est un résumé possible de la pièce de Normand Chaurette. Mais l’auteur, musicien à ses heures, propose aussi d’autres points de départ pour raconter son histoire. Car il fait de cette mère à la fois deux pianistes virtuoses et deux musicologues. […] Ainsi la pièce joue-t-elle à la fois le sens et le sonore, son auteur dépliant une énigme dont la trame se découd et recoud au fil d’un délire verbal minutieusement contrôlé mais qui a l’apparence d’une improvisation. (D.M.)
Texte de Normand Chaurette _ Mise en scène de Denis Marleau
Avec Louise Bombardier, Louise Laprade, Ginette Morin et Christiane Pasquier
Assistante à la mise en scène : Sophie Proust _ Scénographie : Michel Goulet _ Costumes : François Barbeau _ Éclairage : Martin Labrecque
Une création d’UBU en coproduction avec le Festival d’Avignon et l’Hexagone, Scène nationale, Meylan.
Photo(s) : Marlène Gélineau Payette
Festival d’Avignon, salle Benoît XII, 8 au 15 juillet 2000
Théâtre d’Aujourd’hui, septembre-octobre 2000
Tournée France-Suisse, octobre-novembre 2000 : Maison de la Culture de Bourges ; Le Fanal, St-Nazaire ; Forum Meyrin, (Genève) ; L’Hexagone, Meylan (Grenoble) ; Centre culturel Boris Vian, Les Ulis (Paris)
Haut de gamme. […] L’interprétation de Louise Bombardier, Ginette Morin, Christiane Pasquier et Louise Laprade ne souffre d’aucune fausse note.
— LIBÉRATION (Paris), A. Dreyfus
Pièges tendus par un trappeur de vocables contre l’ennemi héréditaire certes, mais surtout par un métonymique acharné à suivre d’infinis réseaux de traces, où s’emmêlent, pour notre ravissement, quelques considérations obliques sur le jeu théâtral et l’interprétation musicale. […] Denis Marleau conduit avec une ferme élégance ces magnifiques instrumentistes vers le final attendu : « Mon Dieu, que notre sonnette est sonore ! ».
— LE MONDE (Paris), J.L Perrier
[…] Quatre actrices, Louise Bombardier, Louise Laprade, Ginette Morin et Christiane Pasquier, sont sévères comme des pièces de jeu d’échecs : c’est dire qu’elles sont épatantes dans la tragédie subvertie.
— ÉCHOS (Paris), G. C.
Heureusement, à Avignon il y a aussi la musique. Celle des mots de Normand Chaurette [...] Un texte envoûtant, sombre et ironique par moment […] Denis Marleau met cela en scène avec une remarquable économie de moyens, aidé par quatre actrices formidables.
— LE SOIR (Bruxelles) J.M. Wynants
Le Théâtre UBU de Montréal met en scène Le Petit Köchel de Normand Chaurette, avec une virtuosité qui n’a d’égale que l’élégance du texte. […] Si l’anecdote apparaît limpide, grâce à l’absolue clarté de l’écriture, elle n’est pas simple ou banale. Et la situation monstrueuse est souvent drôle, effrayant pourtant de virtuosité et de vitesse.
— LA MARSEILLAISE (Marseille), A. Freschel
Après une semaine de festival, Le Petit Köchel de Normand Chaurette, créé samedi dernier dans la cité des Papes, compte parmi les productions les plus appréciées par la presse française et étrangère qui couvre le Festival d’Avignon. La pièce mise en scène par Denis Marleau du Théâtre UBU de Montréal, a été prise pour ce qu’elle est : un exercice envoûtant mais souvent exigeant.
— LE DEVOIR (Montréal), C. Rioux
Denis Marleau a réalisé une mise en scène d’une sobriété exemplaire... Les soeurs pianistes (Louise Bombardier et Christiane Pasquier) et les soeurs musicologues (Ginette Morin et Louise Lapradel) sont la précision même, l’efficacité dans leur maîtrise vocale, la justesse émotive, la discrétion du geste. Une présence impressionnante jusqu’à l’effacement dans l’obscurité conclusive d’une œuvre énigmatique.
— LA GAZETTE PROVENÇALE, R. Sabon
... Il y a surtout une histoire à tiroirs dont l’enfant tire les ficelles, un labyrinthe mental dont Hitchcock aurait fait son miel. […] Dans Le Petit Köchel, Denis Marleau s’appuie sur un quatuor d’actrices irréprochables. L’économie des gestes dont elles font preuve et leur posture hiératique nous plongent encore davantage au cœur d’un verbe qu’elles distillent avec une rare intelligence dramatique.
— LE PROGRÈS (Lyon), A. Mafra
...Le Petit Köchel, du nom du fameux inventaire des œuvres de Mozart, est un pur joyau dramatique aux mille et une inventions troublantes. […] Plus que parfaites, idéales, les quatre comédiennes se sont glissées dans les mots de Chaurette et les indications scéniques de Marleau avec une précision de métronome, se faisant les instruments subtils de la pièce avec une grande sûreté de jeu et une admirable humilité.
— THÉÂTRE MAGAZINE (Paris), A. Halley
Le Petit Köchel est sans hésitation possible un travail remarquable, pointu, intelligent.
— LA PROVENCE, M. Taddei
Dans la mise en scène sobre et tendue de Denis Marleau, le huis clos est insupportable et drôle, les paroles étranges porteuses de mystère.
— MIDI LIBRE, M. Brès
Le Québécois Denis Marleau a mis en scène avec une belle rigueur l’œuvre cannibale de son compatriote Normand Chaurette, Le Petit Köchel. […] Assises sur leurs quatre chaises, alignées sur une petite estrade, toutes vêtues d’une robe noire et coiffées à l’identique, les monstresses s’interrogent. Jusqu’où pousser la cruauté au nom de l’art, et qu’est-ce qu’être mère ? Avec une ironie sanglante, mais toujours pudique, Marleau et Chaurette posent des questions effrayantes.
— TÉLÉRAMA (Paris), F. Pascaud