Avec des matériaux mots et des matériaux images puisés dans l’œuvre du poète, j’ai donc abordé cette mise en scène comme un voyage sur une île intérieure. Une île ralentie par une suite d’images muettes tirées des films de Pierre Perrault. Comme si la fiction théâtrale s’incrustait au creux d’un paysage-écran dont il ne reste en bordure que des fragments devenant parfois des abstractions lumineuses. Si le cinéaste est parvenu à donner une dimension quasi fictionnelle aux êtres réels de ses documentaires, à l’inverse dans sa pièce, il semble avoir voulu accorder à ses personnages fictifs une vérité toute aussi troublante. Celle d’un homme sans compromis, à l’image de la Fille du Cœur de la rose, entière, belle et éclatante de désir jusqu’à la crise. (D.M.)
Texte de Pierre Perrault _ Mise en scène de Denis Marleau
Avec Paul Ahmarani, Isabelle Blais, Maxime Denommée, Louise Laprade, Claude Lemieux, Paul Savoie
Assistance à la mise en scène, recherche et conception des images vidéo : Stéphanie Jasmin _ Scénographie : Catherine Granche _ Costumes : François Barbeau _ Éclairages : Stéphane Jolicoeur _ Musique originale : Denis Gougeon _ Design sonore : Nancy Tobin _ Direction technique vidéo : Pierre Laniel _ Montage vidéo : Yves Labelle _ Régie générale : Élaine Normandeau
Coproduction : UBU, Théâtre du Rideau Vert
Photo(s) : Richard-Max Tremblay
Les traits musicaux de Denis Gougeon ponctuent en sourdine cet oratorio resplendissant de vérité, bouleversant de sobriété, douloureux de beauté. [..] La rencontre d’une telle beauté est aussi rare que déroutante, aussi faut-il au spectateur quelques secondes pour trouver son lieu d’écoute. Après, c’est l’enchantement. Chacun reconnaîtra une part de lui-même au cœur de ce spectacle. Car, comme dit la mère : « Ce sont les mots qui nous choisissent ».
— LE DEVOIR (Montréal), Solange Lévesque
[…] Denis Marleau a trouvé dans ce pan un peu oublié du répertoire québécois un objet d’une poésie étrange et magnifique, bercé de métaphores marines ; une langue riche de ses sonorités régionales, qu’elle transcende pourtant.
— VOIR (Montréal), Marie Labrecque
La mise en scène de Marleau […] libère Au cœur de la rose d’une référentialité réductrice, bien que difficilement évitable, pour situer à l’intérieur d’un espace littéraire en émergence, beaucoup plus complexe et vivant qu’on a tendance à le voir, cherchant son autonomisation tout en étant branché sur la modernité et l’actualité européennes.
— SPIRALE (Montréal), Pierre L’Hérault
Une scénographie dépouillée, une épuration absolument maîtrisée dans les mouvements, une volonté franche, assumée et délibérée de foncer vers l’essentiel, une lecture qui s’extrait de tout rapport réducteur, identitaire ou folklorique, des images au ralenti de films de Pierre Perrault encadrant la scène, ce ne sont là que quelques-uns des ingrédients subtils et magiques qui font émerger ce bijou dramatique et qui laissent s’épanouir l’un des plus beaux objets artistiques auxquels il m’ait été donné d’assister, toutes disciplines confondues.
— ICI (Montréal), Pierre Thibault
The early lighting design, decor and costumes, the poised, focused acting, everything is subdued, throwing the dramatic light on Perrault’s words. Stripped bare to stark oral-tradition essentials, this is theatre at its most affecting and persuasive.
— THE GAZETTE (Montréal), Matt Radz
[…] less certain of the merits of this unforgiving production in which Marleau so deliberately unfurls Perrault’s achievement.
— THE GLOBE AND MAIL (Toronto), Kate Taylor