Les prémisses de la tragédie se campent simplement. Alice cherche son enfant depuis plus de vingt ans. Sur son chemin, elle croise une femme qui s’est occupée de l’enfant retrouvé pendant toutes ces années. Cette femme, une religieuse, doit demander une faveur à Alice. C’est tout. Mais cette rencontre fera éclater des histoires anciennes, trop longtemps réprimées. Histoires parallèles qui se déroulent sur toute la longueur de ce passage étroit de la rencontre/duel entre les deux femmes et qui révèleront les béances de leurs vie et les sursauts de leur mémoire. Personnages écartés du monde, elles n’ont plus que les mots pour survivre et faire exister ce fils étrange, difforme et monstrueux. À l’image de leur amour pour lui… (D.M.)
Texte de Gaétan Soucy _ Mise en scène de Denis Marleau
Avec Annick Bergeron et Ginette Morin
Conseillère artistique : Stéphanie Jasmin _
Scénographie : Claude Goyette _
Costumes : Daniel Fortin _
Éclairages : Stéphane Jolicoeur _
Trame sonore : John Rea
Coproduction : UBU, Centre national des Arts, Ottawa, Festival de théâtre des Amériques
Photo(s) : Richard-Max Tremblay
Sa mise en scène d’une intelligence toute en nuance, suit les circonvolutions du langage piégé de Gaétan Soucy où s’entrechoquent la poésie goûteuse du parler populaire et le verbe clair de la rhétorique.
— LA TERRASSE (Paris), Gwénola David
Une détresse, une douleur humblement (et donc superbement) mise en scène, sinon en partition par Denis Marleau, directeur du Théâtre UBU à Montréal […] Toutes deux porteuses magnifiques de cette langue aux longs monologues se perdant, dans une tension permanente au cœur de la nuit. Suite : voir l’article : texte caché par un post-it.
— LA CROIX (Paris), Didier Méreuze
Telles deux mantes religieuses, ses « mères » s’épient, se traquent l’une dans une langue d’une limpide élégance rhétorique, l’autre avec des mots d’une violence pulsionnelle. Gaétan Soucy distille dans nos oreilles un filtre ensorceleur, il nous maintient en un troublant état de veille.
— LE NOUVEL OBSERVATEUR (Paris), Odile Quirot
Remis en de telles mains, Catoblépas constitue dès lors un premier essai dramatique dense et prometteur. Non seulement y a-t-il là une langue dramatique en train de s’affirmer, mais Gaétan Soucy revient sur des thèmes usés (attente, ignorance, origines) en leur insufflant une touche de fantastique qui nous les fait voir autrement. En d’autres mots, nous cédons à notre tour à l’attraction du monstre.
— LE DEVOIR (Montréal), Hervé Guay
Difficile de savoir qui, de Denis Marteau ou de Gaétan Soucy, a le mieux servi l’autre. Le premier a fait passer l’épreuve de la voix et de la scène à la parole figée sur un papier du romancier. Le second a livré au metteur en scène une œuvre magnifique, Catoblépas, cadrant parfaitement avec l’approche très littéraire d’Ubu. [...] La rencontre entre les mots de Soucy et la voix des comédiennes est parfaitement réussie, comme l’est, dans l’ensemble, ce Catoblépas rigoureux bien qu’austère. [...] les deux personnages magistralement incarnés par Annick Bergeron et Ginette Morin.
— LA PRESSE (Montréal), Ève Dumas
Catoblépas est un objet théâtral indéfinissable, comme l’est l’œuvre de Gaétan Soucy. Ce texte d’une beauté et d’une poésie effrayante brille grâce à l’interprétation sans faille de Ginette Morin et Annick Bergeron.
— LE DROIT (Ottawa-Hull), Caroline Barrière
La langue de Soucy, précise, capable d’ellipses fortes, vivantes, distille une poésie de l’étrange très théâtrale. Elle est libre et Imaginative. Comme chez Ducharme, mais autrement, on y sent la résistance poétique de l’enfance.
— LE SOLEIL (Québec), Jean St-Hilaire
Avec Catoblépas, l’urgence est au retour à l’essentiel, à l’humanité, à la parole.
— ICI (Montréal), Pierre Thibeault