Notre voyage de mise en scène fut donc de déplier cette langue, d’aller en explorer les zones obscures dans ses moindres recoins, d’en faire entendre les intensités variables, les intentions inconscientes, la violence contenue autant que celle qui implose et explose à certains moments. Et que ce dépliage des mots contradictoires, aimants et souffrants de deux femmes à l’aube, soit nourri, habité et marqué par ce qui se passe ou s’est passé à l’extérieur, la guerre. Il fallait pour nous que cette pression du monde se fasse ressentir comme elle agit sur cette jeune femme qui veut quitter une autre qui ne le veut pas. Une scène de départ qui peut paraître banale a priori, simple à accomplir et à résoudre, mais dont l’issue devient au contraire une question de vie ou de mort pour l’une comme pour l’autre. (D.M. / S.J.)
Texte de José Pliya _ Mise en scène et scénographie de Denis Marleau
Avec Christiane Pasquier et Muriel Legrand
Collaboration artistique et conception vidéo : Stéphanie Jasmin
_ Conception lumière : Xavier Lauwers
_ Composition musicale : Nicolas Bernier et Jacques Poulin-Denis
_ Conception costumes : Isabelle Larivière
_ Assistant à la scénographie et directeur technique : Francis Laporte
_ Assistant conception vidéo : Pierre Laniel
_ Assistante aux costumes : Stéphanie Cloutier
_ Maquilleur coiffeur : Angelo Barsetti
_ Design sonore : Jules Beaulieu
_ Assistant à la mise en scène : Martin Emond
Coproduction : UBU, Manège.Mons/Centre Dramatique et CECN2 (Belgique), ESPACE GO (Montréal), Festival des Francophonies en Limousin (France), Théâtre Varia/Centre Dramatique de la Communauté Wallonie-Bruxelles (Belgique), Phénix/Scène Nationale de Valenciennes (France)
Avec l’aide de la CITF, du CGRI et du BIJ.
Photo(s) : Stéphanie Jasmin
Europe
Dans une mise en scène minimale, presque transparente, mais parfaitement maîtrisée, Denis Marleau réussit à nous montrer ce qu’est véritablement une souricière : un lieu sans lieu, sans espace, avec le danger qui rôde, une sensation d’étouffement, au-delà de tout huis-clos, portée par deux actrices auxquelles on ne résiste pas...
— MOUVEMENT (Paris), Bruno Tackels
Le Complexe de Thénardier, de l’auteur béninois José Pliya, mis en scène avec rigueur, et une tension de tous les instants par le Québécois Denis Marleau. Un travail de toute beauté sur un texte d’une violence feutrée extrême, duel verbal jouant de la dialectique du maître et de l’esclave, entre deux femmes, une jeune rescapée d’un génocide et la femme qui l’a recueillie… Rôles portés à leur incandescence par deux comédiennes exceptionnelles, Christiane Pasquier et Muriel Legrand.
— L’HUMANITÉ (Paris), Jean-Pierre Han
Par-delà la subtilité de la mise en scène et de la direction du jeu des actrices (magnifiques), ce qui frappe, c’est l’attention portée aux mots et aux silences, en même temps qu’aux sons et aux images, d’une telle force qu’on a l’impression de se perdre dans une toile. Un monde d’une humanité trouble et insaisissable. Fragile et poignante.
— LA CROIX (Paris), Didier Méreuze
Tout sourd de l’ombre. Une ombre intrigante et menaçante, où la vérité de soi et du monde est à chercher entre les mots, là où nichent la lâcheté et le désir inavoué de la dépendance. La mise en scène de Denis Marleau n’impose rien, sinon une écoute ouverte à « l’autre ». À l’image du meilleur de la francophonie.
— LE MONDE (Paris), Brigitte Salino
Un duel de femmes superbement interprétées par la jeune belge Muriel Legrand et la comédienne québécoise Christiane Pasquier. (…) Magnifique atmosphère (Stéphanie Jasmin à la vidéo et Xavier Lauwers aux lumières) qui distille angoisse et mystère, tout comme le travail du son…
— LE SOIR (Bruxelles), Michèle Friche
La grande actrice québécoise Christiane Pasquier et la jeune comédienne belge Muriel Legrand : terrible face à face. (…) Une sorte de fusion à fleur de peau, à bout de nerfs. C’est cette partition, d’une justesse dans la joute, d’une richesse dans l’échange, qu’orchestre avec rigueur et sobriété Denis Marleau.
— LA LIBRE BELGIQUE (Bruxelles), Marie Baudet
L’alchimie entre le texte et la mise en scène y est foudroyante. Pour les deux comédiennes, chaque souffle est une souffrance contenue ; chaque avancée, une sensible jouissance. L’éblouissante maîtrise de leur jeu ne révèle que mieux l’absolue profondeur du chaos.
— TÉLÉRAMA (Paris), Emmanuelle Bouchez
Christiane Pasquier et Muriel Legrand sont remarquables, évoluant avec une aisance déconcertante. Cette création est un grand moment de théâtre.
— L’ÉCHO (Limoges), Jacques Morlaud
Un pur plaisir de théâtre porté par deux actrices exceptionnelles. Défense humble et résolue d’un grand texte, émotion, quête de sens, Denis Marleau joue ici de quelques fondamentaux plutôt classiques de la scène, à sa manière délicate et moderne.
— LE POPULAIRE (Limoges), Muriel Mingau
Espace GO, Montréal
Christiane Pasquier plonge dans sa partition avec une force surhumaine.
Excellente Muriel Legrand. Sublime texte de José Pliya.
Le très bon théâtre a le don de nous transporter ailleurs, de nous offrir une expérience réflective ou émotive profonde. C’est le cas du Complexe de Thénardier.
— LA PRESSE, Sylvie St-Jacques
Des mots qui cognent. Christiane Pasquier, magistrale !
Rarement ai-je assisté à une telle démonstration du terrible pouvoir des mots.
Il y a une fusion remarquable entre le texte et la mise en scène, qui provoque une onde de choc avec le public.
— LE DEVOIR, Luc Boulanger
Sans compter l’interprète principale : Christiane Pasquier, qui atteint des sommets d’intensité terrifiante dans ce rôle de femme ambiguë, fragile, esclavagiste, hantée par ses démons.
Un grand moment de théâtre relève du miracle, d’une chimie mystérieuse. Aidé parfois par un texte d’une beauté à couper le souffle, comme Le Complexe de Thénardier.
Ce duel fulgurant oppose son personnage à l’excellente Muriel Legrand, reconnaissante pour sa vie sauvée mais avide de liberté refusée. Et quelle brillante mise en scène de sobriété !
— LE DEVOIR, Odile Tremblay
Un spectacle doté d’une force d’attraction peu commune.
Christiane Pasquier donne une fois de plus une interprétation majestueuse.
On finit par se demander qui est le bourreau et qui est la victime.
Cette ambiguïté, c’est la force du huis clos de Pliya.
Cela, Marleau l’a bien compris. C’est pourquoi il en joue avec maestria.
— VOIR, Christian Saint-Pierre
Une atmosphère très forte. Le travail sonore est formidable.
C’est du Denis Marleau : tout est parfaitement maîtrisé.
Christiane Pasquier, une grande, grande actrice.
— RADIO-CANADA, C’est bien meilleur le matin, Catherine Perrin,
Un incroyable duel de comédiennes.
Christiane Pasquier est vraiment excellente sur scène.
Très belle langue, ciselée, polie, de José Pliya.
— RADIO-CANADA, Désautels, Mélanye Boissonnault
Intensité au rendez-vous ! Christiane Pasquier est extraordinaire.
Muriel Legrand est remarquable.
— RADIO-CANADA, Je l’ai vu à la radio, Dany Laferrière, Raphaële Germain
Une performance d’actrices. Christiane Pasquier. Solide comme le roc. Implacable, magistrale.
Muriel Legrand, absolument lumineuse, d’une sensibilité à fleur de peau.
Belle langue et riche écriture de José Pliya. C’est troublant, c’est bouleversant.
— RADIO-CANADA, Samedi et rien d’autre, Francine Grimaldi